La consommation réelle, c'est les litres versés jusqu'au déclic du pistolet, multipliés par 100 et divisés par les kilomètres parcourus depuis le plein précédent, lui aussi arrêté au déclic. Pas le chiffre de l'ordinateur de bord — il sous-estime jusqu'à 6 % — ni la fiche WLTP, qui décrit un cycle de laboratoire, pas votre trajet. Calculez-la sur trois ou quatre pleins et divisez la somme des litres par la somme des kilomètres : un seul plein peut s'écarter de 5 % simplement selon l'endroit où le pistolet a coupé. Une voiture qui reste dans une fourchette de 10 à 15 % de sa fiche WLTP combinée est une voiture saine, conduite normalement.
Trois chiffres différents prétendent être la consommation de votre voiture, et un seul l'est vraiment. La fiche technique annonce 6,1. L'ordinateur de bord affiche 6,6. Le relevé de carte bancaire et l'aiguille de jauge laissent deviner autre chose. Cet article parle du troisième chiffre — celui qui coûte de l'argent — et de la seule méthode pour le mesurer honnêtement : deux pleins complets, un compteur kilométrique et un ticket de caisse. Que ce soit un calcul de consommation d'essence ou de diesel, la méthode ne change pas. On y trouve la formule et un exemple chiffré, les sept erreurs qui faussent le résultat, comment convertir entre L/100 km, mpg et km/L quand un essai étranger ou un ami à l'étranger utilise une autre unité, quel écart avec la fiche WLTP est normal, et ce que le chiffre vous dit quand il se met à dériver.
Trois chiffres qui ne sont pas votre consommation#
La fiche WLTP. Le chiffre combiné de la brochure et de la carte grise — ce que les constructeurs appellent la « consommation mixte » — vient d'un banc à rouleaux, suivant un cycle de vitesse normalisé : le WLTP, qui a remplacé l'ancien cycle NEDC dans les brochures françaises à partir de 2018. C'est un outil de comparaison honnête entre voitures. Ce n'est pas une prévision pour votre trajet, votre climat ou votre pied droit.
L'ordinateur de bord. La voiture ne mesure pas le carburant ; elle chronomètre le temps d'ouverture des injecteurs et estime. Dans le test américain de l'AAA en 2021 sur les afficheurs de consommation embarqués, l'erreur moyenne était de 2,3 %, mais un véhicule affichait 6,4 % de moins que ce qu'il brûlait réellement, et un seul modèle du panel affichait davantage ; un test antérieur d'Edmunds trouvait environ 5 % d'optimisme en moyenne, avec des hybrides et des diesels jusqu'à 15 à 19 % au-dessus. En Allemagne, l'ADAC a testé 80 modèles et jugé 40 % d'entre eux imprécis (plus de 5 % d'écart) — et, à l'inverse des résultats américains, plusieurs voitures allemandes affichaient davantage que ce qu'elles consommaient réellement. L'affichage se remet aussi à zéro dès qu'on appuie sur un bouton, si bien que sa « moyenne » couvre souvent un seul plein ou un seul trajet. Utile pour surveiller sa conduite en temps réel ; inutile pour bâtir un budget.
L'autonomie restante. Une projection de cette même estimation sur le carburant que la jauge pense qu'il reste, avec une marge de sécurité intégrée : dans le test AAA, chaque voiture affichant « 0 km » avait en réalité encore entre 10 et 90 km d'autonomie. Utile pour décider de s'arrêter à cette sortie ou à la suivante, inutile pour mesurer une consommation.
Le seul instrument de toute la chaîne qui mesure vraiment le carburant, c'est la pompe. Elle est vérifiée périodiquement — la vignette verte de vérification métrologique collée sur chaque pompe l'atteste — et elle imprime le volume distribué au millilitre près sur un ticket que vous avez déjà en poche. Le prix affiché à la colonne, lui, correspond à la moyenne publiée sur prix-carburants.gouv.fr, le relevé officiel des stations françaises. Tout ce qui suit explique comment se servir correctement de ce chiffre.
La méthode du plein, étape par étape#
- Faites le plein jusqu'au premier déclic. Laissez le pistolet couper tout seul et raccrochez-le. Ne forcez pas un demi-litre de plus « pour faire un compte rond ».
- Notez le compteur kilométrique — le total, pas le totalisateur journalier. Une photo du tableau de bord ou une ligne dans une appli suffit. C'est votre point de départ ; les litres de ce premier plein n'entrent pas dans le calcul.
- Roulez normalement pendant au moins un demi-réservoir. Ne changez pas votre façon de conduire pour l'expérience : l'idée est de mesurer ce que vous faites réellement.
- Refaites le plein jusqu'au premier déclic, à la même vitesse de remplissage, idéalement à une pompe du même type. Relevez les litres sur le ticket (trois décimales) et le compteur.
- Divisez les litres par les kilomètres. Litres du second plein × 100, divisés par le compteur maintenant moins le compteur alors. C'est la consommation de cet intervalle.
- Répétez, et tenez un total cumulé. Après trois ou quatre pleins, divisez la somme des litres par la somme des kilomètres et multipliez par 100. Ce chiffre est votre consommation réelle ; les chiffres par plein ne sont que du bruit autour de lui.
Calculez votre consommation maintenant#
Entrez les kilomètres parcourus entre deux pleins complets et les litres versés au second. Le calculateur renvoie le chiffre en L/100 km ainsi que dans les deux autres unités utilisées ailleurs dans le monde, plus ce que le carburant vous a coûté aux 100 km, au prix que vous avez payé.
Votre consommation réelle
- L/100 km
- 7,2 l/100 km
- km/L
- 13,9 km/l
- Miles par gallon (US)
- 32,6 mpg
- Miles par gallon (Royaume-Uni)
- 39,2 mpg
- Coût du carburant aux 100 km
- 15,44 €
Entrez les kilomètres parcourus entre deux pleins complets et les litres versés au second. Les litres à trois décimales figurent sur le ticket de caisse, les kilomètres sur le compteur. Rien n'est enregistré ni envoyé.
Un exemple détaillé : pourquoi un seul plein ne suffit jamais#
Voici un carnet à l'allure réaliste pour une berline compacte annoncée à 6,9 l/100 km en cycle mixte (WLTP). Chaque plein a été fait jusqu'au premier déclic, à des pompes de la même enseigne ; le troisième a été « complété » par un passager serviable. Observez les deux colonnes de droite.
| Plein | Compteur | Km | Litres | Ce plein | Cumulé |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 (référence) | 84 120 | — | 42,3 | — | — |
| 2 | 84 655 | 535 | 38,6 | 7,2 l | 7,2 l |
| 3 (avec appoint) | 85 140 | 485 | 40,9 | 8,4 l | 7,8 l |
| 4 | 85 690 | 550 | 37,4 | 6,8 l | 7,4 l |
| 5 | 86 210 | 520 | 39,1 | 7,5 l | 7,5 l |
Moyenne cumulée = somme des litres des pleins 2 à 5 × 100 ÷ kilomètres parcourus depuis le plein 1 (156,0 l sur 2 090 km). Les litres du premier plein, celui de référence, n'entrent jamais dans le calcul.
La colonne « ce plein » oscille entre 6,8 et 8,4 l — un écart de 20 % sur une voiture à laquelle rien n'est arrivé. Le litre en trop versé au troisième plein a rendu cet intervalle gourmand et le suivant économe ; une semaine de petits trajets d'hiver ou un long trajet autoroutier produit exactement le même effet. La colonne cumulée, elle, se stabilise à 7,5 dès le quatrième intervalle et bouge à peine ensuite. C'est tout l'argument en faveur d'un carnet plutôt que d'un test isolé : le chiffre par plein parle du plein, le chiffre cumulé parle de la voiture.
L'arithmétique derrière cet écart mérite d'être vue une fois. Un plein de 40 litres peut facilement varier d'un litre selon la pompe, l'angle du pistolet et l'instant où la soupape à flotteur se déclenche. Sur 500 km, 39 litres donnent 7,8 L/100 km et 41 litres donnent 8,2 — un écart de 5 % pour la même voiture et la même conduite, avant même qu'il se soit passé quoi que ce soit de réel. Étalez ce même litre sur 2 090 km et 156 litres, et il se réduit à une ondulation de 0,6 %.
Sept erreurs qui faussent le chiffre#
1. Compter un plein partiel dans l'intervalle
Vingt euros de carburant dans une station de passage, ce n'est pas un problème en soi — mais ce plein ne peut pas clore un intervalle, puisque vous ne savez pas combien de carburant se trouve réellement dans le réservoir. Notez-le, marquez-le comme partiel, et laissez l'intervalle courir jusqu'au prochain plein complet jusqu'au déclic : les kilomètres des deux segments se divisent par les litres des deux pleins. Brimly fait cela automatiquement — la consommation n'est jamais calculée qu'entre deux pleins complets, et un plein partiel se contente d'allonger l'intervalle.
2. Faire l'appoint après le déclic du pistolet
Le demi-litre forcé après la coupure automatique est, comme le montre l'exemple ci-dessus, la première source de bruit d'un plein à l'autre — et il a aussi tendance à noyer le canister à charbon actif du circuit de récupération des vapeurs, une cause réelle de la famille de codes P0455 que détaille notre article sur les codes défaut OBD2 les plus fréquents. La méthode n'exige pas un réservoir littéralement plein — elle exige le même niveau à chaque fois, et la première coupure est la seule chose reproductible.
3. Changer de pompe, de débit de remplissage ou de pente de stationnement
Les pistolets coupent à des niveaux différents : une pompe à débit rapide se coupe plus tôt qu'une lente, et une voiture garée nez en l'air accepte plus de carburant avant que la goulotte ne se remplisse. Gardez la gâchette sur le même cran à chaque fois et, quand c'est possible, utilisez la même station. C'est aussi pourquoi un seul plein rempli sur des pompes inconnues, pendant un road trip à travers plusieurs régions, ne vous apprend pas grand-chose.
4. Se fier au totalisateur journalier qu'on a oublié de remettre à zéro
Le compteur journalier est bien pratique, jusqu'au jour où il n'a pas été remis à zéro à la pompe — et on ne le découvre qu'après coup. Le compteur kilométrique total, lui, ne s'oublie pas. Notez le kilométrage total à chaque plein et soustrayez : dix secondes, et toute une famille d'erreurs disparaît. Le compteur kilométrique a d'ailleurs tendance à afficher 1 à 3 % de plus que la distance réelle, à cause de la taille et de l'usure des pneus — un biais fixe, pas du bruit : il flatte légèrement et régulièrement votre consommation, de la même façon sur chaque intervalle.
5. Juger sa voiture sur un seul plein
« J'ai fait 6,2 en allant à la mer » est un fait sur le trajet vers la mer. Il ne contient qu'une seule coupure de pistolet, une seule météo, une seule route. Attendez trois ou quatre intervalles avant de conclure quoi que ce soit, et ne comparez jamais un plein isolé à la fiche WLTP. Une moyenne cumulée sur au moins 1 500 à 2 000 km est le minimum qui mérite le nom de consommation de la voiture.
6. Oublier un plein dans le carnet
Si quelqu'un d'autre a fait le plein, ou si vous l'avez simplement oublié, l'intervalle suivant se trompe silencieusement : les kilomètres sont là, les litres du plein manquant non, et la voiture a l'air remarquablement sobre. Notez le trou — « un plein manque avant celui-ci » — et excluez cet intervalle de la moyenne. Un carnet honnête sur ce point vaut mieux qu'un carnet plus long qui ne l'est pas.
7. Mélanger les unités et comparer au chiffre WLTP
Un essai britannique annonce 45 mpg sur le gallon impérial, 20 % plus grand que le gallon américain ; 45 mpg UK, c'est 37,5 mpg US. Un vendeur canadien parle en litres aux 100 km, un ami japonais en km/L, un forum américain en mpg. Et la fiche WLTP, on l'a vu, est une valeur de laboratoire, pas une promesse pour votre trajet. Les conversions ne demandent qu'une division chacune — voir le tableau ci-dessous — mais chacune d'elles a déjà convaincu quelqu'un que sa voiture était cassée.
Convertir entre L/100 km, km/L et mpg#
Les litres aux 100 km comptent le carburant par distance : plus le chiffre est petit, mieux c'est. Les kilomètres par litre et le mpg comptent l'inverse — la distance par carburant : plus le chiffre est grand, mieux c'est. C'est pourquoi les deux se relient par une division, pas une multiplication, et pourquoi une amélioration de « 10 % » n'a pas la même taille selon l'unité choisie. Les constantes : km/L = 100 ÷ L/100 km ; mpg (US) = 235,2 ÷ L/100 km ; mpg (UK) = 282,5 ÷ L/100 km.
| L/100 km | km/L | mpg US | mpg UK |
|---|---|---|---|
| 5,0 | 20,0 | 47,0 | 56,5 |
| 6,0 | 16,7 | 39,2 | 47,1 |
| 7,0 | 14,3 | 33,6 | 40,4 |
| 8,0 | 12,5 | 29,4 | 35,3 |
| 10,0 | 10,0 | 23,5 | 28,2 |
| 12,0 | 8,3 | 19,6 | 23,5 |
| 15,0 | 6,7 | 15,7 | 18,8 |
Gallon américain = 3,785 l, gallon impérial = 4,546 l. Remarquez que l'échelle n'est pas symétrique : passer de 10 à 8 L/100 km, ce sont les deux mêmes litres économisés aux cent kilomètres que passer de 7 à 5, mais dans le second cas le mpg gagne 13 points, contre 6 dans le premier.
Quel écart avec la fiche WLTP est normal ?#
Un écart plus large qu'on ne le pense généralement, et c'est normal. Le WLTP a remplacé le cycle NEDC en 2018 précisément parce que ce dernier sous-estimait trop largement la route : l'ICCT chiffrait l'écart à 39 % à la fin de l'ère NEDC, en 2017. Mais même sous WLTP, le premier rapport de la Commission européenne fondé sur les compteurs de consommation réelle (OBFCM) désormais obligatoires sur chaque voiture neuve trouvait, sur les immatriculations 2021, une consommation réelle supérieure de 23,7 % côté essence et 18,1 % côté diesel ; le second rapport, sur les immatriculations 2022, ramenait ces écarts à 21,1 % et 17,1 % — et les hybrides rechargeables consommaient environ quatre fois plus que leur fiche ne le promettait. Une correction du calcul officiel à partir de ces données réelles n'en est encore qu'au stade d'étude de faisabilité, pas avant 2027 au mieux, voire 2030.
C'est pourquoi un écart de 15 à 30 % avec la fiche WLTP est une donnée normale, pas un diagnostic — et pourquoi Brimly, qui affiche le chiffre constructeur en toile de fond de votre tendance, colore cette fourchette comme un couloir plutôt que comme une anomalie.
En pratique : rester dans une fourchette de 10 % au-dessus du chiffre combiné signale une voiture saine et un conducteur ordinaire. Entre 10 et 20 %, jetez d'abord un œil au style de conduite — beaucoup de petits trajets ? beaucoup de vitesse sur autoroute ? — avant de penser mécanique. Au-delà de 25 %, de façon durable sur plusieurs pleins et hors saison froide, la voiture essaie de vous dire quelque chose, et la dernière section explique comment l'écouter.
Hybrides, hybrides rechargeables et véhicules électriques : ce qui change#
Un hybride classique se mesure exactement comme n'importe quelle voiture essence — la batterie n'est rechargée que par le moteur thermique, donc chaque kilomètre sort bien du réservoir. Attendez-vous à un écart plus large avec la fiche en hiver, quand le moteur tourne pour chauffer l'habitacle, et plus resserré en circulation urbaine dense, là où l'hybride gagne sa place.
Un hybride rechargeable a besoin de deux carnets, car deux sources d'énergie alimentent les mêmes kilomètres : les litres à la pompe et les kilowattheures à la borne. Divisez les kilomètres par chacune séparément et gardez les deux — un PHEV roulé uniquement à l'essence dépasse rarement l'hybride classique équivalent, et le chiffre honnête de « ce que ça me coûte au kilomètre » doit inclure l'électricité. Un seul chiffre de consommation pour un hybride rechargeable est une déclaration sur la fréquence des recharges, pas sur la voiture.
Un véhicule électrique se mesure avec la même méthode, en kWh au lieu de litres : l'énergie livrée par la borne (pas l'estimation de la voiture, pour la même raison que l'ordinateur de bord) divisée par les kilomètres donne des kWh aux 100 km. Les pertes de charge, de 10 à 15 % entre la prise et la batterie, sont du carburant bel et bien payé — mesurez au compteur de la borne. Brimly traite justement le kWh comme une unité de carburant à part entière, si bien qu'un véhicule électrique ou hybride rechargeable enregistre ses recharges à côté de ses kilomètres, comme n'importe quel plein.
Transformer le chiffre en argent#
Le litre aux 100 km n'est pas une unité pour un budget ; l'euro l'est. À environ 2,14 € le litre de SP95-E10 — la moyenne nationale agrégée depuis prix-carburants.gouv.fr à la mi-septembre 2026 — la berline de l'exemple avec ses 7,5 l coûte environ 16 € aux 100 km, contre environ 21,40 € pour un SUV à 10 l : une différence d'environ 5,40 € toutes les 100 km, soit environ 800 € par an sur 15 000 km. C'est aussi la façon la plus honnête de comparer deux voitures d'occasion entre lesquelles vous hésitez, ou de vérifier si le SP98 vaut son supplément sur un moteur qui ne l'exige pas : avec un écart d'environ 10 centimes par litre — environ 5 % —, il faudrait que la consommation baisse de ces mêmes 5 % pour que le calcul s'équilibre, et ça n'arrive jamais.
Pour un trajet, ce même chiffre multiplié par la distance donne le budget carburant. Notre calculateur de coût de trajet trace l'itinéraire et fait la multiplication avec votre propre consommation ; entrez le chiffre réel de votre carnet plutôt que la fiche WLTP, et le montant obtenu correspondra à vos tickets de caisse.
Quand le chiffre dérive : ce qu'il vous dit#
Un carnet tenu pendant un an a une seconde utilité, au-delà de la fierté du chiffre rond : la moyenne cumulée devient une référence, et tout écart par rapport à elle est une information. À peu près par ordre de probabilité :
- La saison. Une surconsommation hivernale de 10 à 15 % est de la physique, pas une panne — huile froide, air dense, mélange enrichi au démarrage et carburant d'hiver. Comparez décembre au décembre précédent.
- Le style de conduite. Un nouveau trajet domicile-travail de cinq kilomètres peut coûter 20 % à lui seul — le moteur n'a jamais le temps de chauffer. Une nouvelle habitude à 140 km/h sur autoroute aussi. Comment le style de conduite influence la consommation met un chiffre sur chaque cause.
- Les pneus. Une pression inférieure de 0,3 bar coûte environ 3 % ; un jeu de pneus tout-terrain agressifs sur un SUV coûte nettement plus. Vérifiez la pression tous les mois, à froid.
- L'entretien. Un filtre à air colmaté, des bougies usées, une sonde lambda paresseuse, un thermostat bloqué ouvert — chacun apparaît dans le carnet des semaines avant de déclencher un témoin. Le calendrier d'entretien par kilométrage est la liste des suspects ; le rapport CarMD 2026 chiffre une sonde lambda défaillante et négligée jusqu'à 40 % de surconsommation.
- Une panne. Une baisse durable de 20 à 25 %, sans changement dans les quatre points précédents, appelle un diagnostic. Lisez les codes — notre guide des 10 codes défaut OBD2 les plus fréquents explique ce que chacun signifie pour la consommation — et amenez le carnet au garage : « la consommation est passée de 6,5 à 8,2 en six semaines, depuis mars » ouvre bien mieux la conversation que « elle boit plus, je trouve ».
Si vous roulez en boîte automatique et voulez le côté pratique de la même histoire, nous avons rassemblé ce qui réduit vraiment la consommation sur une boîte automatique ; et pour voir à quoi ressemble, chez de vrais propriétaires, l'écart avec la fiche d'une voiture très répandue, le dossier consommation réelle du Toyota RAV4 détaille, génération par génération, ce que ça consomme vraiment.
Foire aux questions#
Comment calculer sa consommation de carburant ?
Faites le plein jusqu'au premier déclic du pistolet et notez le compteur kilométrique. Roulez normalement. Au plein suivant, refaites le plein jusqu'à la première coupure et relevez les litres sur le ticket de caisse ainsi que le compteur. Litres versés multipliés par 100, puis divisés par les kilomètres parcourus depuis le plein précédent : c'est la consommation de cet intervalle, en L/100 km. Répétez l'opération sur trois ou quatre pleins et divisez la somme des litres par la somme des kilomètres, multipliée par 100 — cette moyenne cumulée est votre consommation réelle.
L'ordinateur de bord donne-t-il une consommation fausse ?
Un peu, et presque toujours dans le sens flatteur. Dans le test américain de l'AAA en 2021, l'écart moyen des afficheurs embarqués était de 2,3 %, mais un véhicule affichait 6,4 % de moins que ce qu'il brûlait réellement, et un seul modèle du panel affichait davantage que sa consommation réelle ; un test antérieur d'Edmunds trouvait environ 5 % d'optimisme en moyenne, avec un Ford Escape Hybrid à 19 % et une Volkswagen Jetta TDI à 15 %. En Allemagne, l'ADAC a testé 80 modèles et jugé 40 % d'entre eux imprécis — à l'inverse des résultats américains, plusieurs voitures allemandes affichaient plus qu'elles ne consommaient réellement. Deux pleins complets et une calculette suffisent à savoir de quel côté penche le vôtre.
Pourquoi ma consommation réelle est-elle plus élevée que la fiche WLTP ?
Parce que la fiche WLTP est un résultat de laboratoire, obtenu sur banc à rouleaux selon un cycle de vitesse standardisé, sans embouteillage, sans climatisation forcée et sans côte à pleine charge. Le rapport de la Commission européenne fondé sur les compteurs de consommation réelle désormais embarqués dans chaque voiture neuve (OBFCM) a mesuré, sur les immatriculations 2022, une consommation réelle supérieure de 21,1 % à la valeur WLTP pour l'essence et de 17,1 % pour le diesel, les hybrides rechargeables consommant environ quatre fois plus que promis. L'ICCT, sur un tout autre jeu de données, chiffrait l'écart à 8 % en 2018 puis 14 % en 2022 pour les voitures homologuées WLTP — contre 39 % à la fin de l'ère NEDC. Un écart de 15 à 30 % avec la fiche est donc normal ; ce qui doit alerter, c'est une dérive par rapport à votre propre moyenne, pas l'écart avec le papier.
Combien de kilomètres faut-il avant de pouvoir se fier au chiffre ?
Au moins trois pleins complets, idéalement 1 500 à 2 000 km. Un seul plein peut s'écarter de 4 à 5 % simplement selon l'endroit où le pistolet a coupé, et une semaine de petits trajets ou un long trajet autoroutier le déplace davantage encore. La moyenne cumulée sur plusieurs pleins converge vers votre consommation réelle ; les chiffres par plein, eux, ne convergent jamais.
Faut-il faire le plein jusqu'au déclic ou à ras bord ?
Jusqu'au premier déclic, à chaque fois — c'est la méthode du plein. Forcer l'appoint après la coupure ajoute une quantité de carburant imprévisible, peut noyer le canister du circuit de récupération des vapeurs et déclencher un code moteur, et fausse l'intervalle suivant en sens inverse. La méthode n'exige pas un réservoir littéralement plein — elle exige le même niveau à chaque fois, et la première coupure est la seule chose reproductible.
Comment convertir les L/100 km en mpg ou en km/L ?
Divisez 235,2 par votre chiffre : 7,8 L/100 km donne 235,2 ÷ 7,8 = 30,2 mpg (US), et la même division fonctionne dans l'autre sens. Pour le mpg britannique, plus grand car basé sur le gallon impérial, remplacez 235,2 par 282,5, ou multipliez le mpg américain par 1,2. Les kilomètres par litre s'obtiennent en divisant 100 par le chiffre en L/100 km : 7,8 L/100 km égale 100 ÷ 7,8 = 12,8 km/L.
Qu'est-ce qu'une bonne consommation ?
Il n'existe pas de bon chiffre universel — une citadine, une berline et un SUV ne jouent pas dans la même catégorie. Une citadine essence tourne en général autour de 5 à 6 L/100 km en cycle mixte, une berline ou un compact à boîte automatique plutôt 6,5 à 8, un SUV familial 8 à 11. Le repère le plus utile reste votre propre fiche WLTP : rester dans une fourchette de 10 % au-dessus de la valeur combinée signale une voiture saine et un conducteur ordinaire.
La consommation augmente-t-elle vraiment en hiver ?
Oui. Selon les données américaines de fueleconomy.gov, une voiture essence classique consomme environ 15 % de plus à −7 °C qu'à 25 °C, jusqu'à 24 % de plus sur de petits trajets, et 30 à 34 % de plus pour un hybride, dont le moteur thermique tourne davantage pour chauffer l'habitacle. Comparez décembre au décembre précédent, jamais à juillet.
L'essentiel#
Litres du second plein, multipliés par 100 et divisés par les kilomètres entre deux déclics ; répétez jusqu'à ce que la moyenne cumulée cesse de bouger. Ignorez l'ordinateur de bord pour tenir vos comptes, ignorez la fiche WLTP pour prévoir votre budget, et ignorez tout plein isolé. Faites le plein jusqu'au premier déclic, utilisez le compteur kilométrique, marquez les pleins partiels et ceux qui manquent, et convertissez les unités d'une seule division quand quelqu'un vous parle en litres, en mpg ou en km/L. Faites cela pendant une saison, et vous aurez un chiffre que personne ne pourra contester — et une base qui vous parlera d'un thermostat bloqué avant que le tableau de bord ne le fasse. Brimly tient ce carnet sur votre iPhone : un plein noté depuis le ticket de caisse en trois secondes, un calcul fait uniquement entre pleins complets, votre fiche WLTP en toile de fond de la tendance, et une alerte quand le chiffre dérive.